1)La révolte des jeunes

 

     Contrairement à ce que l’on pense, les jeunes des Etats-Unis ne sont pas si révoltés que cela à cette époque. Les Etats-Unis n’ont pas été touchés par la guerre. Elvis Presley chante des chansons qui ne prônent rien d’autre que l’amusement, la joie de vivre. Bref, les jeunes américains des années 50 respirent le bon vivre de l’american way of life. On peut le voir grâce a la chanson de Bill Halley (Rit it up) « I'm gonna rock it up, I'm gonna rip it up, I'm gonna shake it up, I'm gonna break it up,  I'm gonna lock it up, At the ball tonight. »  Il dit que ce soir au bal,  ils vont danser bouger... .  Les paroles le montre bien, que Bill Haley ne prône que l’amusement.
Pochette de l’album de Bill Haley : Rit it up.  Source:Wikipédia


  Dès 2004, en Angleterre le groupe britannique Kaiser Chief  écrit une chanson « Je pressens une émeute »
 (I Predict a Riot) qui raconte l’altercation entre un jeune et un policier dans les rues de Leeds. La flambée de violence en Grande-Bretagne semble avoir pris tout le monde de court, excepté les rockeurs. Le rock n'est pas contestataire dès le début. Il n'est pas utilisé dans ce sens par les artistes. La véritable contestation vient des jeunes Britanniques, qui ne veulent  jouer que de la musique noire américaine (pour le beat, et non pour leurs propres revendications sociales, ne sachant d'ailleurs pas la couleur de peau de la totalité des artistes qui les inspirent, comme le dira Keith Richards :« on ne savait pas si Chuck Berry était noir ou blanc avant de voir la pochette des disques »). L'attitude des jeunes rockers britanniques sera ancrée dans le refus de leur société vieillissante et dans l'expression de leurs réelles difficultés économiques dues aux ravages des bombardements nazis et des efforts de guerre considérables. La notoriété grandissante des artistes sera utilisée par certains d'entre eux à des fins politiques pour faire passer des messages: arrêt de la guerre du Vietnam, refus du capitalisme, changement de société…

Depuis les Beatles et leur célèbre Revolution en1968 (qu’ils voulaient pacifique), les chanteurs anglo-saxons ont toujours eu un talent particulier pour raconter la détresse quotidienne de la jeunesse anglaise et son besoin de révolte.

 Pochette comportant les musiques Hey Jude et Révolution (1968). On peut voir les Beatles jouant de leurs instruments.  Source:Wikipédia

  Si les Sex Pistols prônaient déjà l’anarchie en 1976 (Anarchy in the UK), ce sont les Clash qui, dès 1977, appellent les jeunes à la révolte (White riot). Thème que le groupe reprend dans le célèbre album London Calling avec The Guns of Brixton, morceau nerveux inspiré par les tensions entre policiers et immigrés dans cette banlieue de Londres.

Peu à peu, les appels à la rébellion laissent place à l’expression plus diffuse d’un malaise adolescent

Après la vague optimiste de la britpop des années 1990, le spectre du soulèvement urbain fait son retour. Les tensions entre jeunes et policiers sont au centre de plusieurs chansons, notamment chez Arctic Monkeys. Le quatuor de Sheffield est sans doute le groupe qui a su, le mieux, décrire l’ennui et le désespoir d’une jeunesse qui se voit sans avenir. Dans leur morceau  « Le fourgon de la révolte » (Riot van), en 2006, ils racontent comment, pour s’occuper, des jeunes se lancent dans une course-poursuite avec la police « juste pour s’amuser ». Qui se termine par le passage à tabac d’un des leurs dans le camion des forces de l’ordre.

L’album eut un succès phénoménal. « Ce n’est pourtant que l’histoire d’une bande de gamins qui s’emmerdent dans le Nord de l’Angleterre », s’étonnait encore  le chanteur Alex Turner (Leader du groupe Arctic Monkeys).